La présidente de l’Association France–Algérie, Ségolène Royal, a affirmé que le dialogue franco-algérien ne peut se développer que sur la base du respect et de la reconnaissance de la souveraineté algérienne. Elle a salué le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a lancé, selon ses termes, une « dynamique de croissance exceptionnelle » pour une Algérie nouvelle, souveraine et non alignée.
Dans un entretien accordé à la chaîne Canal Algérie, Mme Royal a critiqué ce qu’elle a qualifié de « postures politiciennes » et de « discours de haine » émanant de certains courants français, estimant qu’ils entravent l’évolution des relations bilatérales en refusant d’admettre la souveraineté de l’Algérie. Elle a exprimé l’espoir d’une reprise du dialogue entre les deux pays sur la base du respect mutuel.
Elle a souligné que certains milieux en France continuent de percevoir l’Algérie avec une mentalité héritée des années 1970, malgré les profondes transformations qu’a connues le pays, notant une croissance économique avoisinant 4 % sur deux années consécutives et dépassant 10 % sur trois ans.
Mme Royal a également mis en avant le potentiel de la jeunesse algérienne, affirmant que la nouvelle Algérie est attachée à sa souveraineté nationale, à la liberté de décision et au non-alignement dans le choix de ses partenaires, face à ce qu’elle a décrit comme l’entêtement de l’ancienne puissance coloniale.
Concernant le dossier de la mémoire, elle a insisté sur le fait qu’aucune réconciliation ne peut aboutir sans une reconnaissance pleine et entière des réalités historiques, appelant la France à présenter des excuses, à indemniser les victimes et à restituer sans conditions les biens culturels, notamment les effets de l’Émir Abdelkader, ainsi que les archives historiques et les restes mortuaires des résistants algériens conservés en France.
Elle a en outre souligné le caractère urgent du transfert de l’ensemble des dossiers relatifs aux essais nucléaires français dans le sud algérien, afin de permettre la prise en charge des victimes et la dépollution des sites affectés, qualifiant ces démarches de nécessaires à la construction d’un avenir commun.
Dans le contexte des tensions diplomatiques, Mme Royal s’est interrogée sur les raisons de la bonne entente entre l’Algérie et certains pays européens tels que l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, alors que la relation avec la France demeure complexe. Elle a jugé cette situation inacceptable, pointant la responsabilité de Paris dans la perte de grands projets économiques désormais réalisés avec d’autres partenaires.
Par ailleurs, elle a indiqué avoir refusé de participer à une enquête de la chaîne France 2, qu’elle a qualifiée de « préjudiciable à l’Algérie et politiquement orientée », affirmant son refus d’accorder une légitimité à des productions médiatiques manquant de professionnalisme.
Mme Royal a conclu en affirmant que sa visite en Algérie s’inscrit dans le cadre du renforcement de l’amitié entre les deux peuples et de la promotion de la coopération économique et culturelle, avertissant que la marginalisation de l’Algérie pourrait conduire à manquer des opportunités stratégiques majeures, notamment en raison de sa position de porte d’entrée clé vers le continent africain.
