sphères médiatiques et politiques françaises, et face à la tentative de l’extrême droite d’exploiter la mémoire coloniale comme carburant pour des conflits politiques et des gains électoraux, émergent des voix françaises de poids : historiens, journalistes et hommes politiques tels que Stora, Abati et Royal. Ces acteurs représentent un « rempart » rationnel refusant de se laisser entraîner par la vague populiste. Ils adoptent une approche fondée sur la reconnaissance du passé et le respect mutuel, considérés comme le seul moyen de construire un partenariat équilibré et stable, rappelant que nourrir la peur de son histoire ou de son voisin du sud n’est qu’un empêchement à la raison et à la stratégie.
Benjamin Stora : l’architecte de la mémoire et le pont de communication
L’historien Benjamin Stora, originaire de Constantine, est la figure la plus influente dans la tentative de « déminer » les tensions historiques entre les deux pays. Stora défend la nécessité de « reconnaître » les faits du colonialisme sans détour, considérant que le déni constitue le principal obstacle au progrès des relations. Parmi ses positions les plus marquées en faveur d’une lecture équitable de l’histoire de l’Algérie, il rappelle constamment que la guerre d’indépendance n’était pas de simples événements mais une révolution populaire inévitable contre un régime colonial injuste.
Citation clé : « La réconciliation ne signifie pas oublier le passé, mais écrire une histoire commune qui reconnaît les souffrances de l’autre sans enjoliver. »
Jean-Michel Apati : la voix de la vérité face au déni
Le journaliste Jean-Michel Apati représente un front médiatique résolu contre la « falsification de l’histoire » pratiquée par les extrémistes. Reconnu pour son audace à rappeler aux élites françaises les crimes de l’époque coloniale, il affronte régulièrement ceux qui tentent de glorifier le colonialisme. Selon lui, la fidélité de la France à ses principes (liberté, égalité, fraternité) exige une reconnaissance complète des atrocités commises durant la période coloniale en Algérie.
Citation clé : « La France a commis des atrocités en Algérie, et nier cette vérité historique est une insulte à la raison et à la conscience humaine. »
Ségolène Royal : la diplomatie fondée sur le respect et l’égalité
La figure politique Ségolène Royal est l’une des rares voix politiques à appeler explicitement à changer le regard traditionnel porté sur l’Algérie. Elle rejette toute approche « tutélaire » et insiste sur la nécessité de construire une relation économique et politique solide, fondée sur des intérêts communs et la reconnaissance du rôle de l’Algérie comme puissance régionale. Pour elle, la grandeur de la France se mesure à son courage d’assumer les erreurs du passé.
Citation clé : « Il faut cesser de regarder l’Algérie à travers le prisme du passé colonial et montrer un respect total pour ce grand peuple et son histoire. »













