La figure politique française de premier plan, Ségolène Royal, a adressé des critiques acerbes au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qualifiant ses orientations envers l’Algérie de « stratégie de tension » en totale contradiction avec les intérêts de la France et des Français. Elle a mis en garde contre les conséquences désastreuses de cette approche qu’elle juge « hostile ».
Royal a estimé que la volonté de Retailleau de s’attirer les faveurs de l’électorat nostalgique de « l’Algérie française » a conduit à une série d’échecs diplomatiques et de terrain, notamment sur le dossier des obligations de quitter le territoire français (OQTF). Elle a également souligné le recul des partenariats énergétiques et économiques dans le secteur du gaz, permettant ainsi à l’Italie de supplanter la France en devenant le premier partenaire européen de l’Algérie.
Sur le plan sécuritaire, Royal a alerté sur l’affaiblissement de la coopération en matière de renseignement pour la lutte contre le terrorisme en provenance du Sahel, considérant que la coordination avec Alger est vitale pour la sécurité nationale française.
L’ancienne ministre a lié les positions actuelles de Retailleau à son parcours politique, rappelant qu’il avait signé par le passé la loi sarkozyste sur les « bienfaits de la colonisation ». Elle a affirmé qu’il ignore délibérément les millions de morts et de déplacés en Afrique et en Algérie particulièrement. « L’obsession anti-algérienne de Bruno Retailleau s’inscrit dans une logique idéologique d’un autre âge », a-t-elle déclaré.
Ségolène Royal s’est appuyée sur la récente visite du Pape et l’hommage qu’il a rendu à l’Algérie pour contredire l’image sombre que Retailleau tente de promouvoir. En conclusion de sa publication, elle a appelé à bâtir des relations fondées sur le dialogue et un partenariat « gagnant-gagnant », notamment au profit des jeunes générations des deux rives de la Méditerranée, loin de cette « agressivité toxique » prônée par la droite française, qu’elle estime appartenir à une époque révolue.

