Le massacre des “Ouled Riah”: Le jour où le colonialisme français brûla des Algériens vivants

Dans les profondeurs des montagnes algériennes, là où les rochers murmurent des secrets que le temps n’a jamais osé effacer, se dresse la grotte de “Frachih” comme un témoin silencieux de l’un des moments les plus cruels et les plus barbares de l’histoire humaine. Il y a 181 ans, en juin 1845, les flammes allumées par le colonisateur français aux entrées de cette grotte ne se sont pas contentées de brûler les corps de la tribu des “Ouled Riah” ; elles ont tenté de brûler l’identité de toute une nation et d’effacer sa mémoire.

Le massacre des “Ouled Riah” en Algérie n’est pas qu’un simple chiffre dans les registres des victimes, ni un incident éphémère dans les annales de la conquête. Il s’agit d’un véritable “four crématoire humain” où s’est cristallisée la quintessence de la barbarie coloniale. Une histoire qui transcende le temps pour poser cette question éternelle : comment la mort peut-elle être dessinée avec une telle atrocité, et comment le souvenir peut-il rester vivant malgré des décennies de tentatives d’effacement ?

Le 18 juin 1845, dont nous commémorons aujourd’hui le 181e anniversaire, une force coloniale de 4 000 soldats, sous les ordres du général Bugeaud, a encerclé la grotte de “Frachih” à Ouled Riah, près de Mostaganem. Après l’échec de l’artillerie à déloger les résistants algériens retranchés avec leurs familles, le colonel Pélissier a pris sa décision sanguinaire. Au matin du 19 juin, profitant de la saison des moissons, il ordonna à ses troupes de rassembler des tonnes d’herbes sèches, de paille et de bois pour obstruer les entrées nord et sud, transformant ce refuge en une fournaise dont les flammes ont dévoré tout sur leur passage pendant de longues heures.

La réalité de ce crime n’est pas seulement attestée par la mémoire algérienne ; les propres journaux des soldats français ont documenté cette abomination. Un soldat espagnol, enrôlé dans l’armée française, décrit une scène cauchemardesque : « À l’entrée, les vaches, les ânes et les moutons gisaient sur le sol, comme cherchant un souffle d’air pur… J’ai vu de mes propres yeux un homme mort, à genoux, la main agrippée avec force à la corne d’un taureau, face à une femme tenant son enfant. Tous ont péri étouffés ensemble. » Les estimations, y compris celles d’officiers français, font état de 800 à 1 000 martyrs, dont les corps ont fusionné sous l’effet de la chaleur pour devenir un amas de chairs carbonisées.

Alors que Pélissier tentait de se dédouaner en se prétendant « humaniste » et en justifiant son crime par l’obstination des victimes, la correspondance du colonel Saint-Arnaud — son complice dans la barbarie — a révélé le cynisme de ces actes. Dans une lettre à son frère, Saint-Arnaud ne s’est pas contenté de soutenir Pélissier ; il s’est vanté d’avoir commis un massacre similaire contre la tribu des “Sbeih”, décrivant les grottes comme une « immense sépulture » qu’il avait lui-même créée, tout en suppliant son frère de garder le silence sur un acte dont il savait que l’histoire ne lui pardonnerait jamais.

À ce jour, la grotte de “Frachih” reste un dossier ouvert de la mémoire nationale. Tandis que le colonialisme français s’est obstiné dans une politique de déni, la voix des martyrs du Dahra demeure plus forte que toutes les tentatives d’oubli. Ce 18 juin n’est pas une simple date dans le calendrier, mais une blessure nationale qui se ravive, et un engagement sacré : le sang de ceux qui ont été brûlés vifs demeurera à jamais le combustible de la conscience des générations face à la vérité du colonialisme.

Gloire et éternité à nos valeureux martyrs. Paix et miséricorde aux âmes des victimes du massacre du Dahra “Ouled Riah”.

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